L’histoire du Gers en quelques dates
1790 : Pour unifier le territoire et mettre fin à la diversité des administrations provinciales, l'Assemblée Constituante adopte le projet Cassini sur la création des départements.
Au nombre de 83, ils sont tous organisés autour d'un chef-lieu accessible des quatre coins du département en moins d'une journée de cheval.
Surtout chaque département est doté d'un conseil chargé de l'administrer localement, sous l'étroit contrôle toutefois du pouvoir central.
Le roi confirme ce vote par les lettres patentes du 22 mars 1790.
1871 : Par la loi du 10 août, le département est désormais considéré comme une collectivité territoriale sur le plan juridique et le Conseil général reçoit une compétence globale pour régler les affaires d'intérêt départemental. En effet, cette loi instaure une commission départementale de décentralisation chargée de contrôler l'application des décisions du Conseil général entre deux sessions.
Véritable charte du département, la loi précise les modalités de fonctionnement du Conseil général.
Ainsi pour garantir une certaine continuité à l'action administrative des départements, elle instaure le renouvellement du Conseil par moitié tous les 3 ans et l'élection systématique du président après chaque élection.
Les conseillers, pour leur part, sont élus pour une durée de 6 ans au suffrage universel, à raison d'un par canton.
1982 : Le département devient une collectivité territoriale de plein exercice.
Grâce aux lois de décentralisation du 2 mars, les élus sont dotés de nouvelles responsabilités. La tutelle de l'administration préfectorale est supprimée. Désormais, le Président du Conseil général détient le pouvoir exécutif, assure la préparation et la mise en œuvre du budget de son département
2004 / 2005 / 2009
« Engagé vingt ans après la première vague de réformes lancée par la gauche en 1982-1983, l'acte II de la décentralisation, auquel le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a attaché son nom, s'est achevé avec le vote de la loi organique du 29 juillet 2004 relative à l'autonomie financière des collectivités territoriales et celui de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales.
En 2004, l'Etat confie ainsi aux départements la gestion complète du RMI, allocation et insertion comprises, celle du Revenu Minimum d'Activité (RMA), du Fonds solidarité logement (FSL) et du Fonds d'aide aux jeunes (FAJ). L'ensemble de ses compétences (Lutte contre la précarité, personnes âgées, personnes handicapées, protection de l'enfance, aide aux familles en difficulté) fait aujourd'hui du conseil général l'acteur principal des politiques sociales dans le département.
En 2005, une grande partie des routes nationales sont confiées aux départements. Enfin, le département qui construit les collèges et exerce la responsabilité du transport scolaire, devient responsable de la carte des secteurs scolaires. Ces transferts de compétences sont accompagnés d'un transfert de personnel : une partie des agents de la Direction départementale de l'Equipement et les agents techniques des collèges rejoignent les effectifs du conseil général.
En 2009, la réforme des tutelles instituant la mesure d'accompagnement social personnalisé et la généralisation du Revenu de Solidarité Active (RSA) sont entrées en vigueur, confiant une fois encore aux conseils généraux de nouvelles responsabilités dans le domaine social.
2014
La réforme des collectivités territoriales présentées en conseil des ministres le 21 octobre 2009 et si elle est adoptée prévoit :
- La création des conseillers territoriaux qui remplaceront les actuels conseillers généraux et régionaux ;
- une répartition des sièges dans les intercommunalités, en fonction de critères démographiques fixés par la loi ;
- la suppression de la clause générale de compétence des départements et des régions;
- 50 % minimum financés par le maître d'ouvrage pour les projets cofinancés par plusieurs collectivités ;
- des métropoles, facultatives, pour les bassins de plus de 500 000 habitants,
- un achèvement de la carte intercommunale début 2014.
PLUS D’HISTOIRE
L’ÉPOQUE ROMAINE
Le peuplement du Gers ne remonte pas au delà de 3 ou 4 millénaires, avec la sédentarisation de quelques groupes humains au Néolithique.
L'arrivée des Romains fournit les premières informations sur les populations du département. Avant leur arrivée, ce sont les Auscii qui habitaient l'oppidum ou colline qui porte la "vieille ville" d'Auch. Au nord, on connaissait les Lactorates (Lectoure), à l'est les Volques Tectosages, au sud-est et au sud les Tarusates (Aire sur l'Adour), les Tarbelli, les Bigerriones. A l'ouest les Sotiates et les Elusates (Eauze).
Tous vivaient sur des oppida (collines fortifiées) et utilisaient pour leurs déplacements l'antique Ténarèze, route de crête fort ancienne qui conduisait du sud au nord, des Pyrénées à la Garonne et ce, sans ni traverser pont, ni prendre bateau.
Des trois premières cités gersoises...
Lorsque César envahit la Gaule, il envoie pour conquérir le sud de la Garonne son meilleur lieutenant Crassus qui va mener une guerre éclair, battant sans difficulté les Sotiates. A l'annonce de cette défaite, les peuples se soumettent en envoyant des otages au vainqueur. La région va alors être organisée autour des cités d'Auch, Lectoure et Eauze, à l'intérieur de la vaste Aquitaine s'étendant de la Loire aux Pyrénées. Dans ces cités, la population est composée de trois castes : les citoyens romains (une élite peu nombreuse d'administrateurs), les hommes ou "pérégrins" qui forment la masse de la population et les esclaves.
Les trois villes principales sont parfaitement organisées et sont desservies par un réseau de routes dont les deux principales étaient celle qui joignait Toulouse à Bordeaux et passait par Eauze et celle dans le sens nord-sud qui joignait Agen à Saint-Bertrand-de-Comminges.
D'autre part, un nombre impressionnant d'établissements agricoles appelés "villas" furent construits : villa de Roquelaure, de Cassan, villa de Séviac, de Tarros. Mais déjà, et ce dès le milieu du IIIè siècle, commencent les invasions du nord.
Les barbares piaffent aux marches de l'empire. Les riches gallo-romains commencent à trembler et à cacher leur trésor avec l'espoir de revenir les chercher quand les troubles seront finis.
C'est ainsi que le trésor d'Eauze fut découvert en 1985, 17 siècles plus tard ! Heureusement Constantin Ier (306-337), ramène paix et prospérité : les villas sont reconstruites, les campagnes sont florissantes et des lieux de culte chrétien commencent à s'implanter.
DE LA RENAISSANCE AUX TEMPS MODERNES
La Renaissance pénètre en Gascogne à la fin du XVè siècle : elle se manifeste par la construction de châteaux, de cathédrales, par le repeuplement des villes et villages, par la renaissance des arts et l'arrivée de la Réforme. Malheureusement, les guerres de religion avec leur cortège d'horreurs ruinent à nouveau le pays.
Pendant tout le XVIIè siècle, les fameux Cadets de Gascogne trouvèrent à exercer leurs talents militaires aux côtés des princes engagé dans la Fronde, dans les gardes françaises ou chez les Mousquetaires du sieur de Troisville qui accueillirent Charles de Batz de Castelmore dit d'Artagnan.
Il faut attendre le XVIIIè siècle pour respirer à nouveau ; absence de guerre sur le territoire, disparition des famines, progrès techniques et administratifs notamment autour de grands intendants comme d'Etigny, découpage du département dénommé d'abord Armagnac puis Gers. La population augmente pour atteindre 314 885 habitants en 1847 et les villes se transforment.
Les époques suivantes ne modifieront plus la physionomie du Gers, sinon par la diminution sensible de sa population rurale.
LE MOYEN-ÂGE
Des siècles noirs
Au cours de l'hiver 406-407, les Barbares traversent le Rhin et déboulent à bride abattue, semant mort et destruction. La Gaule n'est plus qu'un bûcher fumant !
Les Wisigoths s'installent alors en Aquitaine et rétablissent malgré tout la paix. Mais au VIè siècle, les Francs déferlent, suivis des Sarrazins et des Normands installant leur domination pendant plus de cinq siècles.
Auch, Eauze, Lectoure sont détruites, ainsi que de nombreuses villas. La population se disperse dans les campagnes, prête à chercher refuge dans les bois.
C'est la fin de la Romanité, le Gers bascule dans le Haut Moyen-Äge : une période mal connue qui s'étendra jusqu'au milieu de l'an mille.
La résurrection
Du XIè au XIVè siècle, c'est le boom économique et démographique. Encadrée par des moines, une population active commence à défricher la campagne.
C'est alors que surgissent les premières mottes castrales : tertres supportant un donjon de bois. Autour de ces mottes, s'agglomèrent les habitations : ce sont les premiers "châteaux neufs" appelés en gascon castelnaux ; on en compte plus de cent dans le Gers.
La pratique du droit d'asile ainsi que la protection de l'église permettent la création des "sauvetés".
La naissance des bastides
Quelques deux siècles plus tard, après la croisade des Albigeois, qui s'est déroulée en marge du Gers, le pays devient une zone de frontière entre les royautés anglaises et françaises.
Les bastides créées à la suite d'accords entre le propriétaire du terrain et un protecteur (seigneur, abbé, roi) permettent de loger, regrouper les populations et deviennent ainsi des pôles de développement.
Ce sont aussi les moyens pour chacun des rois d'affirmer leur autorité et de "marquer" leur territoire, au détriment des seigneurs locaux. On compte une quarantaine de bastides dans le Gers.
Le XIVè siècle coïncide avec le retour des calamités naturelles ou humaines : peste, famine, guerre. La guerre de cent ans dévaste la Gascogne, favorisant l'insécurité et l'abandon des campagnes.